Difference between revisions of "MILLAY"

From Genea
m
Line 1: Line 1:
{{#multimaps:  46.842, 4.0002|width = 650px}}
+
== Arrivée de la famille Perruchot ==
[[File:M0.jpg|thumb|left|L'église de Millay.]]
+
 
 +
=== 1871-1875 — Installation à La Garde ===
 +
 
 +
La famille PERRUCHOT semble s'installer à '''La Garde''' avant même d'en devenir propriétaire.
 +
 
 +
Le recensement du '''31 mars 1872''' montre déjà plusieurs générations de la famille réunies à La Garde autour de [[Jean Baptiste PERRUCHOT]], de son fils [[Jules Jean Noël PERRUCHOT]] et de son petit-fils [[Gustave Claude Jean Baptiste PERRUCHOT]].
 +
 
 +
Gustave y vit alors avec sa jeune épouse [[Laure Louise Marie Benoite APPAY]] et leur fille Louise.
 +
 
 +
Leur fils [[Joseph Louis Claude Gustave PERRUCHOT]] y naît le 2 octobre 1872.
 +
 
 +
=== 20 novembre 1875 — Deux opérations patrimoniales simultanées ===
 +
 
 +
Le '''20 novembre 1875''' constitue une date essentielle dans l'implantation de la famille PERRUCHOT à Millay.
 +
 
 +
Ce jour-là, [[Jules Jean Noël PERRUCHOT]] acquiert le '''domaine de [[La Garde]]''' pour la somme de '''180 000 francs'''.
 +
 
 +
Parallèlement, son fils [[Gustave Claude Jean Baptiste PERRUCHOT]], alors propriétaire domicilié aux '''Dreuillots''', échange son domaine des Dreuillots contre les immeubles de '''[[Rechigy]]''' appartenant à la famille '''Coujard de Laplanche'''.
 +
 
 +
L'acte est passé devant '''Maître Sébastien Émile Caillet, notaire à Luzy'''.
 +
 
 +
Gustave devient ainsi propriétaire de Rechigy et semble être le '''premier membre de la famille PERRUCHOT connu à y résider'''.
 +
 
 +
Les documents ultérieurs d'origine de propriété montrent que cet échange avait été régulièrement transcrit aux hypothèques de Château-Chinon.
 +
 
 +
=== 1876 — Gustave est bien propriétaire de Rechigy ===
 +
 
 +
Une source contemporaine et totalement indépendante des archives familiales confirme très rapidement cette acquisition.
  
'''Millay''' se situe dans le Morvan, dans le sud-est de la Nièvre, à 29km au sud-ouest d'Autun et au sud de Château-Chinon; la commune fait partie du parc naturel régional du Morvan.  Ses habitants sont les ''Millayçois'' et les ''Millayçoises''. Le finage de Millay est en partie boisé. L'agriculture est importante, dominée par l'élevage bovin d'embouche. Les communes limitrophes de Millay sont [[Chiddes]], [[Larochemillay]], [[Poil]], [[Avrée]], [[Saint-Didier-sur-Arroux]], [[Fléty]], [[Luzy]]
+
En '''1876''', Lucien Gueneau, relatant dans le ''Bulletin de la Société nivernaise des lettres, sciences et arts'' des découvertes archéologiques réalisées près de la voie romaine, désigne explicitement :
  
<br clear=all>
+
:''« M. Perruchot jeune, propriétaire de Rechigy »''
 +
 
 +
Il précise que Gustave lui avait apporté des poteries découvertes dans un champ situé '''au-dessous de sa maison'''.
  
== Millay dans la famille ==
+
Cette mention est importante : quelques mois seulement après l'échange de novembre 1875, Gustave est donc bien reconnu localement comme '''propriétaire et résident de Rechigy'''.
<DynamicPageList>
 
category            = MILLAY
 
count                = 10
 
order                = ascending
 
addfirstcategorydate = false
 
</DynamicPageList>
 
  
== Cartes Postales anciennes ==
+
[https://archive.org/stream/bulletindelasoc18nevegoog/bulletindelasoc18nevegoog_djvu.txt Consulter le Bulletin de la Société nivernaise]
  
{| class="wikitable"
+
=== 1878 — Gustave et Laure vivent à Rechigy ===
|-
 
|[[File:M1.jpg|thumb|center|450px|Vue d'ensemble]]
 
|[[File:M2.jpg|thumb|center|450px|Fontaine du bourg]]
 
|-
 
|[[File:M3.jpg|center|450px]]
 
|[[File:M4.jpg|center|450px]]
 
|-
 
|[[File:Millay.jpg|center|250px]]
 
|
 
|-
 
|}
 
  
 +
En '''1878''', [[Gustave Claude Jean Baptiste PERRUCHOT]] et [[Laure Louise Marie Benoite APPAY]] sont domiciliés à [[Rechigy]].
  
== La Garde ==
+
C'est à Rechigy que Laure meurt le '''1er décembre 1878''', à seulement 29 ans.
=== Cartographie ===
 
==== Carte de Cassini (1757) ====
 
[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530952745/f1.item.zoom# Carte générale de la France. 085, [Chalon-sur-Saône]. N°85. Flle 36 / établie sous la direction de César-François Cassini de Thury. Luce, Louis René (1695?-1774). Graveur ]
 
[[image:RechigyCassiniCouleur.png|left|680px]]
 
<br clear=all>
 
  
[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53021175p/f1.item.zoom Carte Militaire des "environs d'Autun"]
+
Elle laisse Gustave veuf à 36 ans avec deux jeunes enfants :
[[image:EnvironsDAutun.png|left|680px]]
 
<br clear=all>
 
  
Carte du Nivernais en 1852
+
* Louise, 7 ans ;
[[image:Carteniv.gif|left]]
+
* Joseph, 6 ans.
<br clear=all>
 
  
==== La voie Romaine ====
+
Cet événement précède de moins de deux ans et demi la vente judiciaire de Rechigy et pourrait avoir joué un rôle dans les opérations patrimoniales qui suivent.
[[image:Chemin_romain.gif|left]]
 
<br clear=all>
 
Sur la carte de Cassini (18eme siècle) on voit très bien le tracé de la voie romaine qui se nomme d'ailleurs Ancien Chemin des Romains. Ce chemin semble d'abord suivre le tracé actuel de la route de Luzy (1) (mais ce morceau de tracé est contesté par Guéneau ci-dessous) puis passe par le Moulin d'Anguy (2) monte aux Beurots (3) (qui s'appellent alors les Buros et qui du fait d'une erreur sont inversés avec Rechigy sur la carte).
 
  
===== Etude historique de la voie romaine de Decize à Autun =====
+
=== 6 mai 1881 — Une mystérieuse adjudication judiciaire ===
Une deuxième voie qui atteignait Autun s'embranchait sur la voie principale avant le passage de l'Alène avant Codes.<br>
 
En raison des difficultés de parcours dans la région du Beuvray, cette voie secondaire a pu être, à certaines époques, plus fréquentée que la voie principale. Cette voie, qui suit la rive gauche de l'Alène devait passer vers Codes pour atteindre le Bas-de Fours o= ses vestiges, aujourd'hui détruits par la culture, étaient encore très apparents voilà un siècle. Elle a été reconnue au Brieux et entre la rivière et la gare de Fours. Puis elle arrivait par les Chamons à Apponay (Chartreuse fondée en 1185). Morellet, dans l'Album du Nivernais, signale en ce lieu des vestiges de la voie qui ont été vraisemblablement absorbés depuis par la route. Se confondant probablement avec cette départementale jusqu'au Charnay, elle délimite sur plus de 3 kilomètres Rémilly et Lanty. Après le Charnay elle s'en détache, prend le nom de chemin des Chafauds, passe par Le Mulin, Le Chaume, La Mazille, La Faye, flanquée de trois mottes. Elle continue sur la commune d'Avrée par Les Gris, La Caillette. Le Bas d'Avrée o= elle a été reconnue, pour arriver au Moulin o= elle traverse l'Alène. La vieille chaussée poursuit sur les Berthelots, le nord d'Antrezy en servant, de limite aux communes d'Avrée et de Chiddes sur une lieue gauloise, puis côtoie au sud la colline de [[la Garde]] (commune de Millay) et son camp retranché qui lui assurait surveillance et protection. <br>
 
Elle atteint ensuite le domaine des Burots, traverse la rivière de la Roche au moulin d'Anguy et arrive en bordure nord du Grand-Marié. La carte d'état-major indique d'ailleurs son tracé précis depuis le nord-est d'Antrezy jusqu'au-delà du Grand-Marié. Sur ce parcours, depuis la Garde o= existent des restes de constructions romaines on découvre à chaque pas des débris de poteries, des ruines d'habitations et de piscines qui prouvent que cette région était très peuplée à l'époque romaine. <br>
 
Guéneau (GUENEAU, B. S. N. t. VIII, 1877, p. 9 à 14.) a signalé en son temps la découverte faite en labourant un champ du domaine des Burots situé en bordure de la voie d'un trésor de « 10 à 12 livres » de pièces de bronze appartenant pour la plupart aux règnes de Philippe l'Arabe et de Gordien, mais il n'en existait pas de postérieures à Valérien et à Gallien. A l'ouest de ce point, près de la voie; le même auteur signale que le propriétaire de [[Rechigy|Rechigny]] (SIC), lieu voisin des Burots, découvrit dans son champ, près d'une pierre sacrée, la Pierre Sallaine ou Pierre à Maux, de nombreux objets: poteries calcinées, tête de lapin en poterie blanche. Symbole funéraire remarquable, lacrymatoire en verre, etc...<br>
 
Tous ces objets étaient entassés dans des tranchées remplies de cendres et de charbons, mesurant 1,50 m sur 3 à 4 m et 0,50 de profondeur. Il s'agit là. sans aucun doute, de tranchées funéraires renfermant les cendres d'un très grand nombre de cadavres. Et Guéneau se demande s'il faut rapprocher cette trouvaille de la fameuse bataille livrée par César aux Helvètes et aux Boïens, 58 ans ayant notre ère, au cours de laquelle ces derniers se distinguèrent par leur courage et obtinrent de César des territoires entre Loire et Allier o= ils s'établirent. La bataille dont il est question ne dut pas être livrée en ces lieux, mais plutôt sur le plateau de Montmort près de Toulon-sur-Arroux. D'ailleurs, la richesse des poteries découvertes au voisinage de la Pierre à Maux indique une époque plus tardive et la trouvaille du trésor marque positivement une époque, celle de Valérien et de Gallien, au cours de laquelle eurent lieu des invasions de Goths. <br>
 
  
D'autres découvertes faites au domaine du Grand-Marié (B.S.N.,t.I 1882, p.105-1206.) : 16 grands bronzes d'Hadrien à Philippe (t 249) ainsi que 25 pièces d'argent de Caracalla et Valérien (253-260), dont l'état d'oxydation indique qu'elles avaient subi une notable altération, semblent bien confirmer l'époque avancée, car aucune de ces monnaies n'est postérieure à ce dernier empereur.  
+
Six ans après l'échange de 1875, les immeubles de Rechigy font l'objet d'une nouvelle mutation, d'une nature très différente.
  
A partir du Grand-Marié, Cassini, qui n'en est pas à sa première inexactitude, dirige la voie au sud-est et la fait aboutir à la nationale 73 entre les hameaux de la Bussière et des Prissets. au nord-est de Luzy. Lucien Guéneau (Lucien GUENEAU, à Luzy, Mém . Société Eduenne, t. IV, 1875, p. 485-486) a rétabli le véritable tracé grâce aux renseignements qu'il a puisés dans un terrier de la commanderie de Tourny, reproduction d'un terrier de 1540. Suivant ce chercheur, la voie romaine y est désignée sous le nom de chemin ferré et à partir du Grand-Marié emprunte l'itinéraire suivant: elle traverse le Grand-Patureal; ou Taille-des-Carruges. l'Ouche-du-Chemin, la Taille-du-Chêne le Grand-Moriaud, les Planchettes et se dirige sur Chevrette o= on perd sa trace que l'on retrouve à Montigny. De là, elle gagne les Draillots, passe près de Château-Gaillard, o=, d'après l'auteur. Elle est très bien conservée, puis elle se perd et se  retrouve sur le plateau des Pouillasses entre la Creuzille, le château de Magny et la Goulette. De là, descendant la côte, elle se dirige sur Magny et Thil. Plus loin cette voie reçoit sur sa droite celle venant de Bourbon-Lancy. Leur point de rencontre est fixé sans précision par Bulliot entre les camps du Beuvray et de Dône. Cet auteur la dirige ensuite sur le tertre de Poil "il s'agit sans doute là de la grotte gallo-romaine de Lagué. Puis elle arrive aux Grandes Tailles (commune de la Comelle) o=, à 40 mètres de ses bords, on a trouvé des bronzes antiques. Bulliot, toujours un peu brouillon et difficile à interpréter, la continue sur Autun par le tertre retranché de Chevannes, au nord-est duquel il la raccorde à la voie principale venant de Saint-Honoré par le Beuvray. Deux transversales reliaient la voie principale du Beuvray à la voie secondaire. La première, encore bien empierrée par places, suit la rive gauche de la Roche ou Séglise, passe au pied du château de La Rochemillay pour aboutir par les Vieilles-Maisons au col de « Les Chenaux ». La seconde transversale est le prolongement d'une voie venant de Bourbon-Lancy. Partant d'Apponay, elle se dirige sur Remilly, passe à l'ouest du château du Plessis, sous la surveillance du fort de Montecho auquel elle était reliée, longe à l'est les bois de Vauvray et toritourne la cote 328 pour atteindre Saint-Honoré par le sud.  
+
Le '''6 mai 1881''', un jugement rendu à l''''audience des criées du Tribunal civil de Château-Chinon''' adjuge les immeubles de Rechigy à '''[[Jules Jean Noël PERRUCHOT]]''', père de Gustave.
  
Un document ancien (4 mai 1617) relatif à la vente au seigneur de la Montagne d'une partie d'un bois appelé (Vauvré » confirme ce tracé. Dans cet acte, il est dit: « le tiers devers le haut tenant au levant au chemin ferré de la dite Montagne à Remilly ». Sur ce parcours, Guéneau (41) a trouvé quantité de tuiles romaines aux dessins nombreux et variés.
+
Le prix de l'adjudication est de '''80 000 francs'''.
<br>
 
  
Cette grande voie romaine de Bourges à Autun évoque bien des souvenirs. Alors qu'elle n'était que chemin celtique, César la parcourut pour la conquête de la Gaule. 1500 ans plus tard, éternelle fluctuation de l'Histoire, Jeanne d'Arc la parcourait aussi, jusqu'à Saint-Pierre-le-Moûtier, pour la libération de la France
+
Le document d'origine de propriété établi lors des partages ultérieurs indique clairement que Jules acquiert alors les biens :
  
Source :[http://www.geocities.ws/lanecki_fr/alesia/luciengueneau.htm Voies Romaines et Vieux Chemins en Bourbonnais L. FANAUD MOULINS- LES IMPRIMERIES REUNIES.]
+
:''de son fils Claude Jean Baptiste Gustave PERRUCHOT, propriétaire à Rechigy.''
  
==== Cartes Aériennes ====
+
Le jugement est ensuite transcrit au bureau des hypothèques de Château-Chinon le '''10 juin 1881''', au '''volume 636, n°26'''.
[[Image:Geo_Rechigy1.gif]]
 
  
 +
Il ne s'agit donc pas d'un simple « doublon » de la vente de 1875 :
  
[[Image:GoogleMaps.png|880px|Link==https://www.google.fr/maps/@46.8260972,3.9380264,165m/data==!3m1!1e3]]
+
* en '''1875''', Gustave devient réellement propriétaire de Rechigy par échange avec les Coujard de Laplanche ;
 +
* en '''1881''', Rechigy passe de Gustave à son père Jules à la suite d'une '''adjudication judiciaire'''.
  
=== Citations de la Garde et Rechigy dans le passé ===
+
[[File:Saisie1881.png|thumb|left|450px|Document relatif à l'adjudication judiciaire de Rechigy en 1881.]]
==== Abbé Baudiau [[La Garde]] ====
 
Dans un ouvrage sur le « Morvand » (sic) écrit au siècle dernier, l'abbé Baudiau dit ceci « La Garde, « Guardia » offre diverses substructions antiques et rappelle l'établissement d’un poste militaire sur la voie romaine qui traversait ces parages. La tradition locale rapporte qu’il exista autrefois un couvent. Cet ancien fief a donné le nom à une famille qui le posséda au 14eme siècle : Renaud de [[La Garde]] dont la sœur Jeanne épousa Guyot de Garcy (ou Carcy). La famille fit en 1540 une liquidation avec son beau-frère Philibert de Houpes. [[La Garde]] entra dans la famille Gonthier (les archives paroissiales indiquent que le fief fut cédé à un nommé Pernin dont le descendant est cité le 3 mai 1681 comme « Pernin Seigneur de [[La Garde]] & [[Rechigy]] et autres lieux, c’est une demoiselle Jeanne Pernin qui a transmis le fief à Gondin marchand de bois en l’épousant le 18 avril 1741. Une fille Jeanne Gondier de La Garde est né le 5 octobre 1749 semble avoir été la dernière à porter ce nom et ce titre) <br>
 
Origine du lieu-dit « La Garde » du carrefour de deux chemins gaulois, l’un descendant de Bibracte par le Nord, l’autre branché sur la Grande voie Bibracte-Mostico (Mâcon) au col de Dorme. En l’hiver 53-52 avant J-C, César s’étant retiré à Bibracte pour écrire ses commentaires sur « La Guerre des Gaules ? » à chargé son lieutenant Antoine d’établir autour de la capitale des l’éduens, des postes de surveillances pour en contrôler les accès. Il reste quelques vestiges à [[Rechigy]] de l’ancien chemin transformé en voie gallo-romaine.
 
 
<br clear=all>
 
<br clear=all>
  
[[Image:Louis_loctord.jpg|left]]
+
==== Pourquoi une vente judiciaire ? ====
Nous n’avons pu vérifier si les dalles qui la constituaient étaient en pierre dite de La Garde (exactement du Basalte) dont un échantillon un seuil de la maison ancestrale de la ferme de [[Rechigy]] était toujours visible dans les années 1970 (voir photo ci-dessous juste derrière les jambes arrière de la jument)
+
 
<br clear=all>
+
La raison exacte de cette adjudication reste aujourd'hui inconnue.
  
[[Image:Lagarde.jpg|left|La Garde en 1921]]
+
Deux hypothèses principales sont étudiées.
A [[La Garde]], on reconnaît à peine l’ancien château Renaissance qui a succédé après 1540 au « manoë » ancestrale. L’enceinte démolie ayant servie à combler l’étang proche, l’ancienne chapelle servant de remise, le jardin à la française supprimé, il ne reste que les débris d’un ancien pressoir situé près d’un ancien portail absent.
 
<br clear=all>
 
La propriété est ensuite acquise à la famille Coujard de Laplanche.
 
  
=== D'aprés Antoine Lagarde ===
+
'''1 — Une liquidation ou licitation familiale après le décès de Laure'''
D'après Monsieur Antoine LAGARDE 23, Rue de Lormes La feuillée 95570 ATTAINVILLE.
 
  
En 1540, son ancêtre serait descendu de La Garde à Rechigy se mettre à l’abri du Chêne après avoir abandonné la Manse de la Garde qu'un riche Marchand de bois a récupéré avec le Feef, pour le remplacer par un petit château renaissance.
+
Laure meurt en décembre 1878 en laissant deux enfants mineurs.
=== Généalogies externes citant Rechigy ===
 
==== Maltaverne ====
 
La généalogie de la famille Maltaverne situe le décès d'une certaine Jeanne Bourgoin à Rechigy le 10/01/1750.
 
Sexe: Féminin Naissance: estimé 1720 à ? 58,58,NIEVRE,BOURGOGNE,FRANCE
 
Décès: 10 janvier 1750 à MILLAY,58170,93G6 NIEVRE,BOURGOGNE,FRANCE,RECHIGNY, âge: 30
 
Inhumation: 1 février 1750 à MILLAY,58170,93G6 NIEVRE,BOURGOGNE,FRANCE
 
Liste des autres personnes citées à Rechigy : BOURGOIN [1750] 1†( 1 ) MALTAVERNE [1760] 1†( 1 ) MALTAVERNE [1753 - 1782] 2°( 1 2 )1†( 1 ) REPOUX [1778] 1†( 1 )
 
'''Mariage Jean MALTAVERNE Jeanne REPOUX 10/02/1742'''
 
''L'an de n s 1742 le 10e février les cérémonies de l'Eglise observées et après la publication des bans sans oppos ny empeschement je sousgné ay donné la bénédiction nuptiale a jean Maltaverne labr a '''rechigny psse de milet''' veuf de jeanne bourgoin d'une part et a jeanne repoux veufve de pierre remond labr a las psse de chid, vu le certificat de publication de Mr Laureau curé dudit lieu, en presence de benoit repoux, guillaume berthier manouvr. aud. Las, de pierre bourgoin, de joseph Maltaverne labr qui ne signent de ce enquis Brossard curé de '''chides''' ''
 
==== Augendre ====
 
'''La généalogie de la famille Augendre''' cite un laboureur à Rechigy en 1875. ''AUGENDRE, Guillaume fils de AUGENDRE, Pierre et de GARRUCHET, Charlotte Naissance : 01 juin 1852 à Rémilly, 58 Décès : après novembre 1925 Occupation : cultivateur à '''Rechigny (Millay)''' en 1875, métayer au Bas d'Avrée en 1901 mais part avant 1906''
 
  
== Arrivée de la famille Perruchot ==
+
Selon le régime matrimonial du couple et la nature juridique des biens échangés en 1875, sa succession a pu nécessiter une liquidation ou une licitation judiciaire.
=== 1871 - 1875 Installation ===
 
Il semble que la famille Perruchot se soit installée à La Garde avant l'acquisition de 1875.
 
  
=== 1875 Acquisition ===
+
La proximité des dates est troublante :
Le 20 Novembre 1875 [[Jules Jean Noël Perruchot]] acquiert le Domaine de [[la Garde]] pour la somme de 180 000 francs (360K€ des années 2020)
 
  
Conjointement, [[Gustave Claude Jean Baptiste Perruchot]] échange son domaine des Dreuillots (Millay) contre les immeubles de [[Rechigy]] qui appartiennent à la famille Coujard de Laplanche. Il devient ainsi propriétaire et premier habitant de la famille à [[Rechigy]]
+
* 1er décembre 1878 : décès de Laure ;
 +
* 6 mai 1881 : adjudication judiciaire de Rechigy.
  
=== 1881 le Bug ? ===
+
Le '''contrat de mariage PERRUCHOT-APPAY du 15 octobre 1869''' est donc une pièce essentielle pour vérifier cette hypothèse.
Étonnamment, six ans plus tard en 1881 ces mêmes immeubles sont mis en vente à l'Audience des Criées du Tribunal Civil de Château-Chinon par [[Gustave Claude Jean Baptiste Perruchot]] et acquise pour 80 000 Francs (160 K€) par [[Jules Jean Noël Perruchot]]. Il se peut que cette étonnante affaire soit liée à la traditionnelle anecdote du notaire véreux racontée de bouche à oreilles dans la famille et dont une trace semble être contenue dans le document des partages de 1897 ainsi que dans l'annonce presse ci-dessous.
 
  
[[File:Saisie1881.png|left|450px]]
+
'''2 — Des difficultés financières de Gustave'''
<br clear=all>
 
  
[[Jules Jean Noël Perruchot]] conserve ensuite la propriété jusqu'à sa mort, son fils [[Gustave Claude Jean Baptiste Perruchot]] et sa belle fille [[Laure Appay]] étant décédés très jeunes.
+
Une autre hypothèse est celle de difficultés financières rencontrées par Gustave.
  
[[Image:carte_limites_Claude_Perruchot.jpg]]
+
La tradition familiale conserve de lui l'image d'un homme très différent de son père, volontiers décrit comme un « bon vivant ».
  
=== 1894 ===
+
En 1886, quelques semaines avant sa mort, Gustave est revenu vivre auprès de ses parents à La Garde.
En 1894, à la mort de [[Jules Jean Noël Perruchot]], la propriété est partagée entre sa femme [[Louise Joséphine Martin]] et ses deux petits enfants [[Louise Perruchot]] et [[Joseph Perruchot]].
 
  
Puis [[Louise Joséphine Martin]], le 25/03/1897 procède à la donation-partage de l'ensemble de ses biens à ses petits-enfants [[Louise Perruchot]] et [[Joseph Perruchot]].
+
La table de succession mentionne par ailleurs un '''« certificat d'indigence »''', élément qui pourrait indiquer qu'il ne disposait plus alors d'un patrimoine important.
  
Le partage est réalisé entre Joseph qui se voit attribuer la partie Sud incluant Rechigy et sa sœur Louise Perruchot obtient la Garde et ses domaines.
+
Dans cette hypothèse, Jules aurait pu racheter Rechigy lors de l'adjudication afin d'éviter que le domaine ne sorte de la famille.
[[File:Rechig1.jpg]]
 
Texte du contrat de partages entre Louise et Joseph Perruchot (25/03/1897)
 
  
[[Image:carte_limites_Joseph_Perruchot.jpg]]
+
'''Aucune de ces deux hypothèses n'est encore démontrée.'''
=== 1943 ===
 
Au décès de [[Joseph Perruchot]] en 1943 un partage est réalisé entre [[Emile Perruchot]] et [[Gustave Perruchot]]
 
  
[[Image:carte_limites_Emile_Perruchot.jpg]]
+
Il est également possible que les deux phénomènes se soient combinés : la mort de Laure aurait pu entraîner une liquidation juridique dans une situation financière déjà fragile.
  
=== 1946 ===  
+
==== Et le « notaire véreux » ? ====
Le 11 Novembre 1946, intervient la fin d'un bail consenti à Monsieur Loctord et concernant la Quartelée (78) et le Pierramot (65). Ces deux parcelles auraient-elles seulement été cédées à Emile aprés la fin de bail ? 
 
  
[[Image:Quartellée.jpg|450px|Brouillon lettre Loctord]]
+
Une tradition orale ancienne de la famille évoque une mystérieuse '''« affaire du notaire véreux »'''.
  
== Rechigy ==
+
Cette histoire avait jusqu'à présent été rapprochée de l'étrange succession des opérations de 1875 et 1881.
[[Image:PlanRechigyP.png|700px|Partage Rechigy]]
 
  
=== 1964-1966 ===
+
Les recherches actuelles incitent cependant à la prudence.
Le 7 décembre 1964 François Develle réalise l'acquisition des parcelles de Baptiste Turpin et de sa femme Augustine. Baptiste vivait dans la maison chez Baptiste dans le Bois de la Garde et était garde chasse et journalier pour la famille Perruchot.
 
[[Image:carte_limites_FD0.jpg]]
 
  
=== 1966-1978 ===
+
L'échange de 1875 semble avoir été régulièrement passé devant notaire puis publié aux hypothèques, et Gustave est attesté dès 1876 comme véritable propriétaire de Rechigy.
Le 20 juillet 1966 [[François Develle]] réalise l'acquisition d'une parcelle de bois (8ha 64a 90ca) appartenant à Lazare Gien de Roche venant de sa femme Goneau de la Garde.  
 
  
[[Image:carte_limites_FD1.jpg]]
+
À ce jour, '''aucun document retrouvé ne permet donc d'établir l'intervention frauduleuse d'un notaire dans l'acquisition de Rechigy'''.
  
=== Depuis 1978 ===
+
La tradition familiale doit être conservée, mais comme une piste de recherche et non comme une explication établie.
Le 26 juin 1978 [[François DEVELLE|François Develle]] et [[Gustave Perruchot]] procède à un échange : Gustave cède des bâtiments à [[Rechigy]] et une parcelle du pré du Lavoir contre [[les Libosses]] et le pré attenant à la maison. Gustave cédera ensuite cette maison et le pré à des Allemands.  
 
  
* Détails de l'échange :
+
==== Enquête en cours ====
** [[François DEVELLE|François Develle]] cède la maison des Libosses (entièrement restaurée) et 99a 90ca de terre et paie une soulte de 30 000 euros (30 000 Francs de l'époque).
 
* [[Gustave Perruchot]] cède la maison de Louis Loctord (en ruine et détruite depuis), la maison "dite de de Fernande", les bâtiments d'exploitation, cour et jardin et 8 ha de pré.
 
[[Image:carte_limites_FD2.jpg]]
 
  
== Exploitation du domaine ==
+
Plusieurs documents devraient permettre de résoudre définitivement l'affaire.
  
{| centre"
+
{| class="wikitable" style="width:100%;"
 +
! Document recherché !! Référence !! Ce qu'il pourrait permettre d'établir
 +
|-
 +
| Dossier de l'adjudication du 6 mai 1881
 +
| '''AD58 — 3 U 1/591'''
 +
| La raison de la vente judiciaire, le nom du poursuivant, les éventuels créanciers, le cahier des charges et les conditions de l'adjudication
 +
|-
 +
| Acte d'échange du 20 novembre 1875
 +
| '''AD58 — 3 E 56/671'''
 +
| Le contenu exact de l'échange Dreuillots / Rechigy, la valeur des biens et d'éventuelles soultes
 +
|-
 +
| Transcription hypothécaire de 1881
 +
| '''Château-Chinon — volume 636 n°26'''
 +
| Le texte complet du jugement et l'origine de propriété
 +
|-
 +
| Contrat de mariage PERRUCHOT / APPAY
 +
| '''15 octobre 1869 — Maître RAT, Paris'''
 +
| Le régime matrimonial de Gustave et Laure et les droits éventuels de Laure sur Rechigy
 
|-
 
|-
| [[Image:Chaumiere.gif|150px|thumb|left|Vue reconstituée de la "vieille maison"]]
+
| Succession de Laure APPAY
| [[Image:Fernande_et_Evelyne.gif|200px|thumb|center|Devant la partie écurie]]
+
| '''1878'''
| [[Image:Famille Loctord.jpg|200px|thumb|center|Intérieur de la chaumière]]
+
| La composition de sa succession et les droits de ses enfants mineurs
|}
 
 
 
{| centre"
 
 
|-
 
|-
| [[Image:Louis_loctord.jpg|200px|thumb|center|Devant l'entrée avec la "Badine"]]
+
| Succession de Gustave PERRUCHOT
| [[Image:Batteuse.jpg|200px|thumb|center|la batteuse devant la grange]]
+
| '''1886'''
 +
| Vérification du certificat d'indigence et de la situation patrimoniale de Gustave à son décès
 
|}
 
|}
  
=== Avant 1947 ===
+
'''État actuel de l'enquête :'''
Joseph Perruchot exploite les terres en direct. Il dispose d'un nombre important de commis pour réaliser les travaux agricoles et se consacre à l'expertise et à la gestion globale de l'exploitation qu'il met en valeur. Baptiste Turpin est à la fois son garde-chasse et le manager de ses commis.
 
  
Baptiste Turpin "le Baptiste" avec sa femme Augustine et les deux petites Loctord (Evelyne et Nadine) 17/10/1965
+
:''L'acquisition de Rechigy par Gustave en 1875 est aujourd'hui établie. La mutation de 1881 est une véritable adjudication judiciaire au profit de son père. Le mystère ne porte donc plus sur la réalité des deux opérations, mais sur la raison qui a conduit à cette adjudication.''
[[Image:Baptiste_turpin-Enhanced-Colorized.jpg|200px|left|Devant l'entrée]]
 
<br clear=all>
 
=== Après 1947 === 
 
==== Les terres d'Emile ====
 
A la mort de son père, Emile Perruchot choisit d'exploiter sa part des terres en direct avec l'assistance de commis de ferme. Louis Blanc sera un des plus fidèle. Il habitait à Las (d'abord à Couloise puis dans la maison vendu à Annie Develle). Il se dévouait pour sortir Michèle Perruchot sur son bras sous un parapluie pour la faire manger lorsqu'elle faisait un caprice (déjà). Louis Blanc dit "le bi" était marié à Mina femme de ménage à Rechigy. Mina était israélite et Emile et Alice Perruchot avaient refusé de la déclarer et avaient caché les papiers de Mina dans une cache située dans leur chambre sous la table de nuit pour lui éviter la déportation.
 
  
Plusieurs commis se succéderont : un Allemand prisonnier de guerre dans les années 47, Mario un italien, Le Miget , Léon Satinet qui restera jusqu'à la fin.
+
=== 1881-1894 — Rechigy reste dans la famille ===
  
Lors des foins, l'équipe se complétait avec des figures : le père Cas, les Lamalle, le François "commis du Docteur" ... et des voisins qui venaient aider : les Sotty , Louis Perraudin des Beurots ... Tout cela donnait lieu à des Quatre Heures de légende qui motivaient à eux seuls la venue des aides pour déguster les Tourtiaux ou les rissoles d'[[Alice Cochet|Alice Perruchot]].
+
Après l'adjudication de 1881, '''[[Jules Jean Noël PERRUCHOT]]''' devient propriétaire de Rechigy.
  
==== Les terres de Gustave ====
+
Le domaine reste ainsi dans la famille malgré la situation personnelle de son fils Gustave.
A la mort de [[Joseph Perruchot]], les partages (voir plus haut) attribuent la moitié des terres à [[Gustave Perruchot]] qui choisit un métayer pour les exploiter (Louis Loctord).
 
  
[[Gustave Perruchot]] vit à Amiens et laisse Louis Loctord gérer ses terres sans vrai encadrement ce qui ne rend pas les relations entre [[Emile Perruchot]] et "les Loctord" très faciles. En fait peu de relation en une animosité très marquée. Louis Loctord ne fait appel à [[Emile Perruchot]] qu'en cas de gros problème (réveil d'Emile dans la nuit en cas de vêlage difficile).
+
En '''1886''', Gustave apparaît de nouveau au recensement de La Garde auprès de ses parents.
  
Louis et sa femme Gabrielle vivent dans la partie Habitation de la "vieille maison" et son fils Jacques vit avec sa femme Fernande dans la maison d'habitation située en face.
+
Il meurt à La Garde le '''7 juillet 1886''', à seulement 44 ans.
  
Cette situation va durer jusqu'au départ en retraite de Louis Loctord qui part avec sa femme Gabrielle d'installer à Luzy aux Bagelles dans les années 70.
+
Ses deux enfants, Louise et Joseph, sont alors élevés par leur grand-père Jules.
  
François Develle propose alors de reprendre les terres de Gustave pour les faire exploiter par Jacques Loctord le fils de Louis. Malheureusement dans les faits, cela revient à demander à [[Emile Perruchot]] de gérer l'ensemble. Ceci durera quelques années et s'achèvera à la prise de retraite de [[Emile Perruchot]] au début des années 80.
+
[[Image:carte_limites_Claude_Perruchot.jpg]]
  
[[Image:Jacques foire chevaux.jpg|200px|left|Jacques Loctord au concours de chevaux de Luzy en 1975]]
+
=== 1894-1897 — Transmission aux petits-enfants ===
<br clear=all>
 
  
== Gisement de Spath Fluor (Fluorine) ==
+
[[Jules Jean Noël PERRUCHOT]] meurt en '''1894'''.
[[file:Flurorine.jpg|100px]]
 
  
Un gisement a été découvert et partiellement exploité à la fin du XIX° siècle dans le bois de la Garde (parcelle acquise par François Develle). Il en reste quelques traces sous forme de fosses (certainement les restes des sondages). De nouveaux sondages ont été réalisés dans les années 70.
+
La propriété familiale est alors appelée à être répartie entre sa veuve [[Louise Joséphine MARTIN]] et ses deux petits-enfants :
  
La fluorine (ou spath fluor) a trois grands groupes d'utilisation, chacun demandant des spécifications techniques particulières :
+
* [[Louise Perruchot]] ;
produit de base de la chimie des dérivés minéraux et organiques du fluor et de la fabrication de l'aluminium
+
* [[Joseph Perruchot]].
fondant dans la métallurgie
 
dans l'industrie du verre et des céramiques, en cimenterie et dans d'autres applications.
 
Les deux premiers groupes d'utilisation sont les plus importants et représentent plus de 90 % de la consommation
 
  
Voir la publication de H. MARLOT publié et 1903 - Notice sur le filon de spath-fluor de Las, communes de Chiddes et Millay (Nièvre). Bull. Soc. hist. nat. Autun, n° 16, p. 193-197.
+
Le '''25 mars 1897''', [[Louise Joséphine MARTIN]] procède à une donation-partage de ses biens entre ses deux petits-enfants.
Société d'histoire naturelle et des amis du Museum d'Autun Société d'histoire naturelle d'Autun : bulletin / Société d'histoire naturelle d'Autun. - (1888)-(1914) ; (1924)-(1930) ; (?)-(1949). - Autun : impr. et librairie Dejussieu, 1888-1949. - ; 24 cm. - Notice réd. d'après le nø 13e bulletin(1900). Irrégulier Remplacé par : " L'Eduen ".
 
  
Autre (s) variante (s) du titre : " Bulletin. Société d'histoire naturelle d'Autun ". ISSN 1256-8996
+
Le partage aboutit à une séparation géographique assez nette du patrimoine :
  
Indice (s) :500 064
+
* '''[[Joseph Perruchot]]''' reçoit la partie sud des propriétés, comprenant notamment '''[[Rechigy]]''' ;
BM Dijon - Etude, fonds Patrimoine, Cote : L P.II-2 . Consultation sur place uniquement
+
* '''[[Louise Perruchot]]''' reçoit '''[[La Garde]]''' et les domaines qui lui sont rattachés.
Localisation(s) connue(s) :Revue : BM Autun, Cote : Per 222
 
  
 +
Rechigy revient ainsi finalement au fils de Gustave, seize ans après avoir été acquis judiciairement par son grand-père.
  
== Voir aussi ==
+
[[File:Rechig1.jpg|thumb|left|Texte du contrat de partage entre Louise et Joseph PERRUCHOT, 25 mars 1897.]]
[[:CATEGORY:BLANCHARD|Famille Blanchard]] <br>
+
<br clear=all>
[[:CATEGORY:POPET|Famille Calin]] <br>
 
[[:CATEGORY:COCHET|Famille Cochet]] <br>
 
[[:CATEGORY:GAUTHIER|Famille Gauthier]] <br>
 
[[:CATEGORY:POPET|Famille Guenot]] <br>
 
[[:CATEGORY:DEVELLE|Famille Develle]] <br>
 
[[:CATEGORY:PERRUCHOT|Famille Perruchot]] <br>
 
[[:CATEGORY:POPET|Famille Popet]] <br>
 
[[:CATEGORY:THONIARD|Famille Thoniard]] <br>
 
  
[[CATEGORY:LIEUX]]
+
[[Image:carte_limites_Joseph_Perruchot.jpg]]
[[CATEGORY:PERRUCHOT]]
 
[[CATEGORY:DEVELLE]]
 
[[CATEGORY:NIEVRE]]
 

Revision as of 10:40, 15 August 2026

Arrivée de la famille Perruchot

1871-1875 — Installation à La Garde

La famille PERRUCHOT semble s'installer à La Garde avant même d'en devenir propriétaire.

Le recensement du 31 mars 1872 montre déjà plusieurs générations de la famille réunies à La Garde autour de Jean Baptiste PERRUCHOT, de son fils Jules Jean Noël PERRUCHOT et de son petit-fils Gustave Claude Jean Baptiste PERRUCHOT.

Gustave y vit alors avec sa jeune épouse Laure Louise Marie Benoite APPAY et leur fille Louise.

Leur fils Joseph Louis Claude Gustave PERRUCHOT y naît le 2 octobre 1872.

20 novembre 1875 — Deux opérations patrimoniales simultanées

Le 20 novembre 1875 constitue une date essentielle dans l'implantation de la famille PERRUCHOT à Millay.

Ce jour-là, Jules Jean Noël PERRUCHOT acquiert le domaine de La Garde pour la somme de 180 000 francs.

Parallèlement, son fils Gustave Claude Jean Baptiste PERRUCHOT, alors propriétaire domicilié aux Dreuillots, échange son domaine des Dreuillots contre les immeubles de Rechigy appartenant à la famille Coujard de Laplanche.

L'acte est passé devant Maître Sébastien Émile Caillet, notaire à Luzy.

Gustave devient ainsi propriétaire de Rechigy et semble être le premier membre de la famille PERRUCHOT connu à y résider.

Les documents ultérieurs d'origine de propriété montrent que cet échange avait été régulièrement transcrit aux hypothèques de Château-Chinon.

1876 — Gustave est bien propriétaire de Rechigy

Une source contemporaine et totalement indépendante des archives familiales confirme très rapidement cette acquisition.

En 1876, Lucien Gueneau, relatant dans le Bulletin de la Société nivernaise des lettres, sciences et arts des découvertes archéologiques réalisées près de la voie romaine, désigne explicitement :

« M. Perruchot jeune, propriétaire de Rechigy »

Il précise que Gustave lui avait apporté des poteries découvertes dans un champ situé au-dessous de sa maison.

Cette mention est importante : quelques mois seulement après l'échange de novembre 1875, Gustave est donc bien reconnu localement comme propriétaire et résident de Rechigy.

Consulter le Bulletin de la Société nivernaise

1878 — Gustave et Laure vivent à Rechigy

En 1878, Gustave Claude Jean Baptiste PERRUCHOT et Laure Louise Marie Benoite APPAY sont domiciliés à Rechigy.

C'est à Rechigy que Laure meurt le 1er décembre 1878, à seulement 29 ans.

Elle laisse Gustave veuf à 36 ans avec deux jeunes enfants :

  • Louise, 7 ans ;
  • Joseph, 6 ans.

Cet événement précède de moins de deux ans et demi la vente judiciaire de Rechigy et pourrait avoir joué un rôle dans les opérations patrimoniales qui suivent.

6 mai 1881 — Une mystérieuse adjudication judiciaire

Six ans après l'échange de 1875, les immeubles de Rechigy font l'objet d'une nouvelle mutation, d'une nature très différente.

Le 6 mai 1881, un jugement rendu à l'audience des criées du Tribunal civil de Château-Chinon adjuge les immeubles de Rechigy à Jules Jean Noël PERRUCHOT, père de Gustave.

Le prix de l'adjudication est de 80 000 francs.

Le document d'origine de propriété établi lors des partages ultérieurs indique clairement que Jules acquiert alors les biens :

de son fils Claude Jean Baptiste Gustave PERRUCHOT, propriétaire à Rechigy.

Le jugement est ensuite transcrit au bureau des hypothèques de Château-Chinon le 10 juin 1881, au volume 636, n°26.

Il ne s'agit donc pas d'un simple « doublon » de la vente de 1875 :

  • en 1875, Gustave devient réellement propriétaire de Rechigy par échange avec les Coujard de Laplanche ;
  • en 1881, Rechigy passe de Gustave à son père Jules à la suite d'une adjudication judiciaire.
Document relatif à l'adjudication judiciaire de Rechigy en 1881.


Pourquoi une vente judiciaire ?

La raison exacte de cette adjudication reste aujourd'hui inconnue.

Deux hypothèses principales sont étudiées.

1 — Une liquidation ou licitation familiale après le décès de Laure

Laure meurt en décembre 1878 en laissant deux enfants mineurs.

Selon le régime matrimonial du couple et la nature juridique des biens échangés en 1875, sa succession a pu nécessiter une liquidation ou une licitation judiciaire.

La proximité des dates est troublante :

  • 1er décembre 1878 : décès de Laure ;
  • 6 mai 1881 : adjudication judiciaire de Rechigy.

Le contrat de mariage PERRUCHOT-APPAY du 15 octobre 1869 est donc une pièce essentielle pour vérifier cette hypothèse.

2 — Des difficultés financières de Gustave

Une autre hypothèse est celle de difficultés financières rencontrées par Gustave.

La tradition familiale conserve de lui l'image d'un homme très différent de son père, volontiers décrit comme un « bon vivant ».

En 1886, quelques semaines avant sa mort, Gustave est revenu vivre auprès de ses parents à La Garde.

La table de succession mentionne par ailleurs un « certificat d'indigence », élément qui pourrait indiquer qu'il ne disposait plus alors d'un patrimoine important.

Dans cette hypothèse, Jules aurait pu racheter Rechigy lors de l'adjudication afin d'éviter que le domaine ne sorte de la famille.

Aucune de ces deux hypothèses n'est encore démontrée.

Il est également possible que les deux phénomènes se soient combinés : la mort de Laure aurait pu entraîner une liquidation juridique dans une situation financière déjà fragile.

Et le « notaire véreux » ?

Une tradition orale ancienne de la famille évoque une mystérieuse « affaire du notaire véreux ».

Cette histoire avait jusqu'à présent été rapprochée de l'étrange succession des opérations de 1875 et 1881.

Les recherches actuelles incitent cependant à la prudence.

L'échange de 1875 semble avoir été régulièrement passé devant notaire puis publié aux hypothèques, et Gustave est attesté dès 1876 comme véritable propriétaire de Rechigy.

À ce jour, aucun document retrouvé ne permet donc d'établir l'intervention frauduleuse d'un notaire dans l'acquisition de Rechigy.

La tradition familiale doit être conservée, mais comme une piste de recherche et non comme une explication établie.

Enquête en cours

Plusieurs documents devraient permettre de résoudre définitivement l'affaire.

Document recherché Référence Ce qu'il pourrait permettre d'établir
Dossier de l'adjudication du 6 mai 1881 AD58 — 3 U 1/591 La raison de la vente judiciaire, le nom du poursuivant, les éventuels créanciers, le cahier des charges et les conditions de l'adjudication
Acte d'échange du 20 novembre 1875 AD58 — 3 E 56/671 Le contenu exact de l'échange Dreuillots / Rechigy, la valeur des biens et d'éventuelles soultes
Transcription hypothécaire de 1881 Château-Chinon — volume 636 n°26 Le texte complet du jugement et l'origine de propriété
Contrat de mariage PERRUCHOT / APPAY 15 octobre 1869 — Maître RAT, Paris Le régime matrimonial de Gustave et Laure et les droits éventuels de Laure sur Rechigy
Succession de Laure APPAY 1878 La composition de sa succession et les droits de ses enfants mineurs
Succession de Gustave PERRUCHOT 1886 Vérification du certificat d'indigence et de la situation patrimoniale de Gustave à son décès

État actuel de l'enquête :

L'acquisition de Rechigy par Gustave en 1875 est aujourd'hui établie. La mutation de 1881 est une véritable adjudication judiciaire au profit de son père. Le mystère ne porte donc plus sur la réalité des deux opérations, mais sur la raison qui a conduit à cette adjudication.

1881-1894 — Rechigy reste dans la famille

Après l'adjudication de 1881, Jules Jean Noël PERRUCHOT devient propriétaire de Rechigy.

Le domaine reste ainsi dans la famille malgré la situation personnelle de son fils Gustave.

En 1886, Gustave apparaît de nouveau au recensement de La Garde auprès de ses parents.

Il meurt à La Garde le 7 juillet 1886, à seulement 44 ans.

Ses deux enfants, Louise et Joseph, sont alors élevés par leur grand-père Jules.

Carte limites Claude Perruchot.jpg

1894-1897 — Transmission aux petits-enfants

Jules Jean Noël PERRUCHOT meurt en 1894.

La propriété familiale est alors appelée à être répartie entre sa veuve Louise Joséphine MARTIN et ses deux petits-enfants :

Le 25 mars 1897, Louise Joséphine MARTIN procède à une donation-partage de ses biens entre ses deux petits-enfants.

Le partage aboutit à une séparation géographique assez nette du patrimoine :

Rechigy revient ainsi finalement au fils de Gustave, seize ans après avoir été acquis judiciairement par son grand-père.

Texte du contrat de partage entre Louise et Joseph PERRUCHOT, 25 mars 1897.


Carte limites Joseph Perruchot.jpg