Jules Jean Noël PERRUCHOT

De Genea
Jules Jean Noël PERRUCHOT
🔢 Sosa 208 — Génération 8
🎂 Naissance 21 août 1818
📍 Lieu de naissance Chaumard (Nièvre)
👨‍👩‍👦 Parents Jean Baptiste PERRUCHOT × Julie CHATELAIN
💍 Épouse Joséphine Louise MARTIN
👦 Enfant Gustave Claude Jean Baptiste PERRUCHOT
🏚 Principaux lieux de vie ChaumardLarochemillay • Montantaume (Poil) • La Garde (Millay)
💼 Profession Propriétaire terrien
🎓 Instruction Bachelier — études de droit à Paris
✍️ Signature Sait signer
Décès 12 avril 1894, à 75 ans
Lieu de décès La Garde, Millay (Nièvre)


Signatures Jeune et agé de JJN PERRUCHOT
Jules Jean Noël PERRUCHOT voit le jour le 21 août 1818 à Chaumard, dans la Nièvre.

Il est le fils de Jean Baptiste PERRUCHOT (1791-1875), régisseur et maire de Chaumard, et de Julie CHATELAIN (1790-1847).

Bachelier puis étudiant en droit à Paris en 1837-1838, Jules appartient à une génération de propriétaires ruraux particulièrement instruite pour son époque.

Par son mariage avec Joséphine Louise MARTIN en 1841, il unit la famille PERRUCHOT à la famille MARTIN de Machefer.

Au cours de sa vie, il accompagne surtout le déplacement du centre de gravité familial de Chaumard et Larochemillay vers Millay. Il devient propriétaire du domaine de La Garde en 1875 puis de Rechigy en 1881.

Après les décès prématurés de sa belle-fille Laure Louise Marie Benoite APPAY puis de son fils Gustave Claude Jean Baptiste PERRUCHOT, il joue un rôle essentiel dans l'éducation de ses deux petits-enfants, Louise et Joseph, et dans la préservation du patrimoine familial.


🌳Ascendance proche



👨[[Dominique PERRUCHOT

]]

👩[[Anne CLEMENT

]]

👨[[François PELLETIER

]]

👩[[Claudine LEFIOT

]]

👨[[Pierre CHATELAIN

]]

👩[[Magdeleine MICHAULT

]]

👨[[Ambroise PINARD

]]

👩[[Pierrette CHAUVEAU

]]

👨[[Pierre François PERRUCHOT

]]

👩[[Marie Jeanne PELLETIER

]]

👨[[Pierre CHATELAIN

]]

👩[[Anne-Pierrette PINARD

]]

👨[[Jean Baptiste PERRUCHOT

]]

👩[[Julie CHATELAIN

]]

[[Jules Jean Noël PERRUCHOT

]] (👨‍❤️‍💋‍👨[[Joséphine Louise MARTIN ]] 👶Gustave Claude Jean Baptiste PERRUCHOT)



Frise historique pendant sa vie

Année France / Monde Vie de Jules
1818 Restauration — règne de Louis XVIII Naissance à Chaumard
1830 Révolution de Juillet — début du règne de Louis-Philippe Jules a 11 ans
1836 Monarchie de Juillet Baccalauréat
1837-1838 Développement des premiers chemins de fer français Séjour et études de droit à Paris
1841 Monarchie de Juillet Mariage avec Joséphine Louise MARTIN
1842 Monarchie de Juillet Naissance de son fils Gustave
1848 Révolution de 1848 — Deuxième République Vie familiale dans le Morvan
1852 Début du Second Empire Jules est propriétaire
1869 Second Empire Voyage à Paris pour le mariage de son fils
1870-1871 Guerre franco-prussienne — naissance de la Troisième République Installation familiale à La Garde
1872 Troisième République Recensement à La Garde
1875 Troisième République Acquisition du domaine de La Garde
1878 Troisième République Décès de sa belle-fille Laure APPAY
1881 Troisième République Acquisition judiciaire de Rechigy
1886 Troisième République Décès de son fils Gustave
1894 Présidence de Sadi Carnot Décès de Jules à La Garde

Sa vie

Naissance à 🏠 Chaumard

Jules Jean Noël PERRUCHOT naît le 21 août 1818 à Chaumard.

Il est le fils légitime de :

Son père appartient déjà à une famille bien implantée à Chaumard. Son grand-père Pierre François PERRUCHOT, maître chirurgien et officier de santé, avait été maire de la commune au début du XIXe siècle.

Jean Baptiste PERRUCHOT exercera lui-même les fonctions de maire de Chaumard à deux reprises, de 1831 à 1835 puis de 1865 à 1869.

Il sera également régisseur du château de Larochemillay, fonction qui conduira progressivement la famille à quitter Chaumard pour le sud du Morvan.

Consulter l'acte de naissance de Jules PERRUCHOT aux Archives départementales de la Nièvre


Une jeunesse morvandelle

Chasse au loup dans le Morvan au XIXe siècle

La tradition familiale a conservé de la jeunesse de Jules une anecdote singulière :

Jules chassait le loup avec un vieux fou dans le Haut-Morvan.

Cette pratique n'a rien d'invraisemblable dans le Morvan de la première moitié du XIXe siècle.

Les loups y restent présents pendant tout le XIXe siècle et les battues se poursuivront jusque dans les premières années du XXe siècle.

Une tradition rapportée par Christian Godon dans Larochemillay, Village d'Art et d'Histoire évoque encore une battue organisée à Tazilly en 1905 ou 1906 par André Pignot, lieutenant de louveterie, au cours de laquelle un grand loup aurait été tué.

L'anecdote concernant Jules appartient cependant à la mémoire familiale et doit être comprise comme telle.



Les études

Jules reçoit une instruction particulièrement poussée pour un futur propriétaire terrien du Morvan.

En 1836, il obtient son baccalauréat.

Il part ensuite à Paris où il séjourne une dizaine de mois en 1837-1838 afin d'y suivre des études de droit.

Ce séjour est particulièrement bien documenté grâce au « livre de raison » de son père Jean Baptiste PERRUCHOT.

Ce document familial comprend plusieurs brouillons de lettres adressées par Jean Baptiste à son fils Jules durant son séjour parisien.

Ces lettres constituent un témoignage précieux sur les relations entre un père resté dans le Morvan et son jeune fils découvrant Paris sous la Monarchie de Juillet.

Elles ont inspiré le roman familial :

Le Loup et la Sorbonne.

Les sources actuellement disponibles permettent d'établir le séjour parisien et les études de droit. En revanche, les détails plus romanesques parfois associés à cette période doivent être distingués des faits documentés.


Mariage avec Joséphine MARTIN

Mariage de Jules PERRUCHOT et Joséphine MARTIN

Le 19 avril 1841, Jules épouse Joséphine Louise MARTIN, âgée de 21 ans.

Joséphine est la fille de :

Deux documents doivent être distingués :

  • le mariage civil, enregistré à Larochemillay sous le n°5 de l'année 1841 ;
  • le contrat de mariage, passé le même jour à Château-Chinon devant Maître Boillereau.

Parmi les témoins du mariage figurent :

  • Claude Marie Cossier, âgé de 42 ans, oncle de l'époux, propriétaire ;
  • Joseph André, âgé de 52 ans, propriétaire à Larochemillay et ami de l'époux ;
  • Jean Julien, vicomte de La Ferté, âgé de 63 ans, propriétaire à Pierrefitte ;
  • Simon Duvernoy, âgé de 48 ans, propriétaire aux Maillards, commune de Sermages.

L'acte porte notamment les signatures de Joséphine Martin et de Jules Perruchot.

Leur union durera près de 53 ans, jusqu'au décès de Jules en 1894.



Leur fils Gustave

Le 21 janvier 1842, neuf mois après leur mariage, naît à Machefer, commune de Larochemillay, leur seul enfant connu :

Gustave Claude Jean Baptiste PERRUCHOT.

Jules n'a alors que 23 ans.

Gustave recevra lui aussi une instruction poussée. Il étudiera notamment à Autun puis obtiendra en 1861 un baccalauréat en sciences à Paris.

Cette continuité montre l'importance donnée à l'instruction par plusieurs générations de la famille PERRUCHOT.


1859 - 🏠 Montantaume (Poil)

Au milieu du XIXe siècle, Jules et Joséphine vivent dans le secteur de Montantaume.

Le 7 mars 1859, Jules est témoin à la naissance de Charles François « Joseph » MARTIN.

L'acte le décrit comme :

« Jules Jean-Noël Perruchot, âgé de 41 ans, propriétaire demeurant à Montantaume ».

À cette date, Montantaume dépend encore du territoire de Larochemillay.

En 1860, la commune de Poil est créée par détachement de Larochemillay.

En 1862, Jules est donc mentionné comme propriétaire demeurant à Montantaume, commune de Poil.

Cette indication apparaît notamment lors du décès de sa belle-mère Claudine LAMALLE, le 10 octobre 1862 à Machefer.

Jules, âgé de 44 ans, est l'un des déclarants du décès avec son beau-frère René Charles MARTIN.


1869 — Mariage de son fils à Paris

Le 16 octobre 1869, Jules et Joséphine se rendent à Paris pour le mariage de leur fils Gustave Claude Jean Baptiste PERRUCHOT avec Laure Louise Marie Benoite APPAY.

Le mariage est célébré dans le 14e arrondissement de Paris.

Un contrat de mariage avait été signé la veille, le 15 octobre 1869, devant Maître RAT, notaire à Paris.

Ce voyage marque l'entrée dans la famille PERRUCHOT de Laure APPAY, jeune Parisienne issue d'une famille de négociants.


1870 - 🏠 La Garde

La Garde au début du XXe siècle

À partir des années 1870, le centre de gravité de la famille PERRUCHOT se déplace vers La Garde, commune de Millay.

Le recensement du 31 mars 1872 y réunit plusieurs générations de la famille.

Recensement de La Garde en 1872

Sont notamment présents :

Cette présence familiale précède donc de plusieurs années l'acquisition formelle du domaine.



1875 — Jules devient propriétaire de 🏠 La Garde

Le 20 novembre 1875 constitue une date essentielle dans l'histoire de la famille PERRUCHOT à Millay.

Ce jour-là, Jules Jean Noël PERRUCHOT acquiert le domaine de La Garde pour 180 000 francs.

L'acte est passé devant Maître Sébastien Émile Caillet, notaire à Luzy.

Au même moment, son fils Gustave Claude Jean Baptiste PERRUCHOT, alors propriétaire domicilié aux Dreuillots, échange son domaine des Dreuillots contre les immeubles de Rechigy appartenant à la famille Coujard de Laplanche.

La famille PERRUCHOT se trouve ainsi implantée sur deux domaines voisins :

  • La Garde, autour de Jules et Joséphine ;
  • Rechigy, autour de Gustave et Laure.

Quelques semaines plus tard, le 16 décembre 1875, le père de Jules, Jean Baptiste PERRUCHOT, meurt à Millay à l'âge de 84 ans.


1878 — La mort de Laure APPAY

Le 1er décembre 1878, la belle-fille de Jules, Laure Louise Marie Benoite APPAY, meurt à Rechigy à seulement 29 ans.

Elle laisse deux enfants :

Leur père Gustave devient veuf à 36 ans.

La disparition très précoce de Laure constitue le premier événement qui va conduire Jules et Joséphine à prendre une place croissante auprès de leurs petits-enfants.


1881 — Jules acquiert Rechigy

Document relatif à l'adjudication judiciaire de Rechigy en 1881

L'histoire de Rechigy connaît un épisode longtemps resté difficile à comprendre.

En 1875, Gustave était effectivement devenu propriétaire de Rechigy par échange avec la famille Coujard de Laplanche.

Six ans plus tard, une seconde mutation intervient.

Le 6 mai 1881, un jugement rendu à l'audience des criées du Tribunal civil de Château-Chinon adjuge les immeubles de Rechigy à son père :

Jules Jean Noël PERRUCHOT.

Le prix de l'adjudication est de 80 000 francs.

Le document d'origine de propriété indique que Jules acquiert les biens :

« de son fils Claude Jean Baptiste Gustave PERRUCHOT, propriétaire à Rechigy ».

Le jugement est ensuite transcrit au bureau des hypothèques de Château-Chinon le 10 juin 1881, volume 636, n°26.

Il est donc désormais établi que :

  • en 1875, Gustave devient réellement propriétaire de Rechigy ;
  • en 1881, Rechigy est transféré à son père Jules à la suite d'une adjudication judiciaire.

La raison exacte de cette adjudication reste cependant inconnue.

Elle pourrait être liée à la liquidation de la situation patrimoniale consécutive au décès de Laure, à des difficultés financières de Gustave, ou à une combinaison de plusieurs facteurs.

La tradition familiale évoque depuis longtemps une mystérieuse « affaire du notaire véreux ».

À ce jour, aucun document retrouvé ne permet toutefois d'établir l'intervention frauduleuse d'un notaire dans cette affaire.

Cette histoire doit donc rester présentée comme une tradition familiale et une piste de recherche, et non comme un fait établi.

Pour l'état complet de cette enquête, voir la page Millay — arrivée de la famille PERRUCHOT.



Le recensement de 1881 à 🏠 La Garde

Le 31 mars 1881, Jules est recensé à La Garde comme chef de famille.

Sont notamment présents :

  • Joséphine Louise MARTIN, son épouse ;
  • Philippine MARTIN, sa belle-sœur ;
  • Louise Julie Marie PERRUCHOT, sa petite-fille.



1886 — La mort de Gustave

Le recensement du 23 juin 1886 montre Jules toujours chef de famille à La Garde.

Sont également présents :

Consulter le recensement de 1886

Quelques jours plus tard, le 7 juillet 1886, Gustave meurt à La Garde à seulement 44 ans.

Après le décès de Laure en 1878, ses deux enfants deviennent ainsi totalement orphelins.

La tradition familiale, confirmée par les dossiers généalogiques, indique que Jules élève alors ses petits-enfants Louise et Joseph.

Il devient ainsi une figure centrale dans leur jeunesse.

Cette situation explique probablement l'importance durable de Jules dans la mémoire familiale et l'influence qu'il exercera sur la génération suivante.


Ses petits-enfants

Jules et Joséphine ont deux petits-enfants issus de leur fils Gustave et de Laure APPAY.

Louise Julie Marie PERRUCHOT

Louise Julie Marie PERRUCHOT naît le 13 juillet 1871 à Millay.

Elle épouse Jacques Pierre Vincent Jean THIRAULT le 9 avril 1890 à Millay.

Ils auront deux enfants :

  • Jeanne Cécile Andrée THIRAULT ;
  • Louis Joseph Jacques THIRAULT.

Joseph Louis Claude Gustave PERRUCHOT

Joseph Louis Claude Gustave PERRUCHOT naît le 2 octobre 1872 à La Garde.

Il deviendra propriétaire terrien et expert agricole.

Il épousera Andrée Marie Claudine POPET en 1905 à Autun.

Il est l'ancêtre direct de la branche PERRUCHOT qui continuera à vivre à Rechigy.


L'affaire du notaire...

Cette histoire du notaire véreux a été entendu bien souvent lors des repas des cinq générations suivantes …

Accord de conciliation P1
Accord de conciliation P2

Ci-dessus l'acte de transaction notarié du 3 février 1894, reçu par Me Joseph Guillien, notaire à Luzy, entre Jules Jean Noël PERRUCHOT, propriétaire à La Garde, commune de Millay, et Jean GALLOIS (né le 8 août 1830 à Chaumard ), propriétaire et ancien notaire à Luzy.

Le notaire Jean Gallois est un personnage beaucoup plus important qu’il n’y paraît. Les Archives de la Nièvre confirment que Jean Gallois a été notaire à Luzy de 1857 à 1874. Il était aussi un notable politique : maire de Luzy de 1869 à 1871, puis de nouveau de 1874 à 1876, dans le camp monarchiste/conservateur. Cette affaire est donc celle d'un ancien notaire, ancien maire et notable local, face à un autre gros propriétaire terrien pour un enjeu d'environ 250 K€ (en équivalence historique).

Ce qui s’est passé :

  • Les deux hommes étaient en conflit à propos d’un « règlement de compte ». Le document ne précise malheureusement pas, dans ces deux pages, l’origine exacte de ce compte.
  • Pour trancher leur différend, ils avaient choisi deux arbitres. Ceux-ci rendent une sentence le 30 avril 1893. Elle est déposée au greffe du tribunal civil de Château-Chinon le 11 mai 1893, puis rendue exécutoire par ordonnance du président du tribunal le 14 juin 1893.
  • La sentence condamne Jean Gallois à payer à Jules Perruchot 4 388,95 francs (entre 150 et 250 K€ de 2026 en équivalence historique), avec intérêts à 5 % par an à compter du 30 avril 1893.
  • Gallois conteste la décision, estimant en substance que les arbitres ont mal jugé. Il forme opposition, mais il est débouté par le tribunal civil de Château-Chinon le 1er décembre 1893. Le jugement lui est signifié le 3 janvier 1894. Il lui reste néanmoins encore la possibilité de faire appel.

Pour éviter cette nouvelle procédure que les deux hommes transigent le 3 février 1894 :

  • Jules Perruchot accepte une concession assez importante : il ramène la condamnation de 4 388,95 F à 3 000 Francs (environ 170 k€ en équivalence historique).
  • Gallois doit en outre rembourser à Perruchot 629 F de frais déjà avancés, et supporter les autres frais liés à l'arbitrage, au jugement et au différend, y compris certains honoraires d'avocat.
  • La dette immédiatement reconnue dans la transaction est donc de :
    • 3 000 + 629 = 3 629 francs, hors certains frais supplémentaires.
  • Gallois verse 300 F immédiatement. Il reste donc 3 329 F à régler, selon un échéancier prévu par l’acte.
  • Jean Gallois renonce définitivement à faire appel et à remettre en cause la sentence arbitrale par une autre voie de recours.

Un détail particulièrement intéressant

  • Jules Perruchot avait déjà pris une garantie contre Gallois : il « conservera jusqu'à parfait paiement l'inscription qu'il a prise contre M. Gallois au bureau des hypothèques de Château-Chinon le seize octobre dernier ».
  • Autrement dit, Jules Jean Noel Perruchot avait fait inscrire une garantie hypothécaire sur les biens immobiliers de Gallois, probablement le 16 octobre 1893, afin de garantir le paiement de sa créance.

Ce que ce document nous apprend sur Jules Perruchot :

  • en février 1894, Jules Jean Noël Perruchot est qualifié de « propriétaire » ;
  • il demeure à La Garde, commune de Millay ;
  • il est engagé dans des affaires suffisamment importantes pour avoir recours à deux arbitres, au tribunal civil, à un avocat, à un huissier et à une inscription hypothécaire ;

surtout, dans ce litige, il obtient gain de cause à tous les stades : arbitrage, tribunal, puis transaction ; il accepte finalement une réduction sensible de la somme pour obtenir un paiement certain et mettre fin au procès.

  • Cela donne l'image d'un homme qui gèrait activement ses intérêts patrimoniaux et financiers et qui savait utiliser les mécanismes juridiques de son époque.

La chronologie peut être résumée ainsi :

  • 30 avril 1893 → sentence arbitrale : Gallois doit 4 388,95 F à Perruchot
  • 11 mai 1893 → dépôt de la sentence au tribunal de Château-Chinon
  • 14 juin 1893 → sentence rendue exécutoire
  • 16 octobre 1893 → inscription hypothécaire prise par Perruchot contre Gallois
  • 1er décembre 1893 → Gallois est débouté de son opposition
  • 3 janvier 1894 → signification du jugement
  • 3 février 1894 → transaction devant Me Guillien : abandon de l'appel et dette ramenée à 3 629 F + autres frais.

Deux anecdotes :

  • Dans l'accord, le notaire devant lequel se réglait le litige était Maitre Joseph GUILLIEN (né à Chitry en 1866) et ses deux fils Auguste (1903) et Maurice (1906) furent ensuite de grands amis de la famille. Tous les dimanches, sans exception, il fallait dans les années 1960 aller prendre un verre de Porto chez les « GUILLIEN » qui habitaient sur la place centrale de Luzy et étaient de grands amis d’Emile PERRUCHOT (l’arrière-petit-fils de [[Jules-Jean-Noel Perruchot@@) qui d’ailleurs donnait le numéro de téléphone « des Guilliens » quand il fallait le joindre (il a eu le téléphone tard). Les deux frères prenait alors leur bolide (ils étaient amoureux des belles voiture pour « monter » à Rechigy pour prévenir.
  • Dans l'accord, un des témoins Pierre Préault, était LE quincailler de Luzy et son magasin était juste en face de chez « les Guillien ». Son fils Albert Preault, qui prit la suite de la quincaillerie, fut lui aussi un grand ami de la famille et en particulier d’Emile PERRUCHOT (l’arrière-petit-fils de Jules-Jean-Noel Perruchot).

Personnalité

Les documents disponibles renseignent davantage les actes de Jules que son caractère.

Plusieurs éléments permettent néanmoins de dessiner son profil.

Il appartient à une famille rurale qui attache une importance manifeste à l'instruction. Bachelier, il effectue des études de droit à Paris et sait parfaitement signer.

Il demeure cependant profondément attaché au Morvan, comme l'illustre la tradition familiale relative à ses chasses au loup.

À partir des années 1870, il apparaît surtout comme le centre de stabilité de la famille.

Il acquiert La Garde, puis Rechigy lors de l'adjudication de 1881. Après les décès prématurés de Laure et de Gustave, il recueille et élève ses deux petits-enfants.

Sa trajectoire réunit ainsi trois dimensions qui caractériseront longtemps cette branche de la famille PERRUCHOT :

l'instruction, la droiture, le caractère bien trempé, la propriété foncière et la transmission familiale.


Décès

Jules Jean Noël PERRUCHOT meurt le 12 avril 1894 à La Garde, commune de Millay.

Il est âgé de 75 ans.

Son épouse Joséphine Louise MARTIN lui survivra près de onze années.

Elle continuera à vivre à La Garde et jouera à son tour un rôle important dans l'organisation de la transmission du patrimoine aux deux petits-enfants.

Le 25 mars 1897, elle procédera à une donation-partage portant sur environ 250 hectares.

Cette opération aboutira à une séparation géographique durable du patrimoine familial :

  • Joseph PERRUCHOT recevra la partie sud comprenant notamment Rechigy ;
  • Louise Julie Marie PERRUCHOT recevra La Garde et les domaines qui lui sont rattachés.

Ainsi, les acquisitions réalisées par Jules au XIXe siècle structurent encore le patrimoine familial des générations suivantes.


Chronologie

Date Âge Événement Lieu
21 août 1818 - Naissance de Jules Jean Noël PERRUCHOT Chaumard
1835 16 ans Tradition familiale : chasse au loup Haut-Morvan
1836 17 ans Baccalauréat -
1837-1838 18-20 ans Séjour et études de droit Paris
19 avril 1841 22 ans Mariage avec Joséphine Louise MARTIN Larochemillay
19 avril 1841 22 ans Contrat de mariage devant Maître Boillereau Château-Chinon
21 janvier 1842 23 ans Naissance de son fils Gustave Claude Jean Baptiste PERRUCHOT Machefer, Larochemillay
19 avril 1847 28 ans Décès de sa mère Julie CHATELAIN Larochemillay
7 mars 1859 40 ans Propriétaire domicilié à Montantaume Larochemillay
10 octobre 1862 44 ans Déclarant au décès de sa belle-mère Claudine LAMALLE Machefer
16 octobre 1869 51 ans Mariage de son fils Gustave avec Laure Louise Marie Benoite APPAY Paris 14e
31 mars 1872 53 ans Recensement La Garde, Millay
20 novembre 1875 57 ans Acquisition du domaine de La Garde Millay
16 décembre 1875 57 ans Décès de son père Jean Baptiste PERRUCHOT Millay
1er décembre 1878 60 ans Décès de sa belle-fille Laure APPAY Rechigy
31 mars 1881 62 ans Recensement comme chef de famille La Garde
6 mai 1881 62 ans Adjudication judiciaire de Rechigy à son profit Château-Chinon
23 juin 1886 67 ans Recensement La Garde
7 juillet 1886 67 ans Décès de son fils Gustave La Garde
1886 67 ans Prend en charge ses petits-enfants Louise et Joseph La Garde
12 avril 1894 75 ans Décès de Jules Jean Noël PERRUCHOT La Garde, Millay

Famille

Parents

Épouse

Joséphine Louise MARTIN (1819-1905) — Sosa 209.

Mariage civil le 19 avril 1841 à Larochemillay.

Contrat de mariage le même jour devant Maître Boillereau à Château-Chinon.

Enfant

Gustave Claude Jean Baptiste PERRUCHOT (1842-1886) — Sosa 104.

Il épouse Laure Louise Marie Benoite APPAY (1849-1878).

Petits-enfants


Documents disponibles

Les principaux documents actuellement identifiés concernant Jules sont :

  • son acte de naissance à Chaumard du 21 août 1818 ;
  • le livre de raison de Jean Baptiste PERRUCHOT, comprenant les brouillons de lettres adressées à Jules pendant son séjour parisien ;
  • son acte de mariage avec Joséphine MARTIN du 19 avril 1841 ;
  • le contrat de mariage passé devant Maître Boillereau le même jour ;
  • sa signature ;
  • le recensement de 1872 à La Garde ;
  • les documents relatifs à l'acquisition de La Garde en 1875 ;
  • le recensement de 1881 à La Garde ;
  • le dossier concernant l'adjudication judiciaire de Rechigy en 1881 ;
  • le recensement de 1886 à La Garde ;
  • son acte de décès du 12 avril 1894.

Sources

  • Archives départementales de la Nièvre — Chaumard — acte de naissance de Jules Jean Noël PERRUCHOT, 21 août 1818.
Consulter l'acte
  • État civil de Larochemillay — mariage PERRUCHOT / MARTIN, 19 avril 1841, acte n°5.
  • Contrat de mariage PERRUCHOT / MARTIN — Maître Boillereau, Château-Chinon, 19 avril 1841.
  • Archives familiales PERRUCHOT — Livre de raison de Jean Baptiste PERRUCHOT.
  • Archives départementales de la Nièvre — recensement de Millay, La Garde, 1872.
Recensement de 1872
  • Actes notariés du 20 novembre 1875 — Maître Sébastien Émile Caillet, notaire à Luzy — acquisition de La Garde et échange Dreuillots / Rechigy.
Référence recherchée : AD58 — 3 E 56/671.
  • Archives départementales de la Nièvre — recensement de Millay, La Garde, 1881.
Recensement de 1881
  • Tribunal civil de Château-Chinon — adjudication judiciaire de Rechigy, 6 mai 1881.
Référence : AD58 — 3 U 1/591.
  • Bureau des hypothèques de Château-Chinon — transcription du jugement de 1881, 10 juin 1881, volume 636 n°26.
  • Archives départementales de la Nièvre — recensement de Millay, La Garde, 1886.
Recensement de 1886
  • État civil de Millay — décès de Jules Jean Noël PERRUCHOT, 12 avril 1894.
  • Christian Godon — Larochemillay, Village d'Art et d'Histoire.
  • Base généalogique familiale.
  • Fiche individuelle « PERRUCHOT Jean Noël Jules (1818-1894) — N°208 ».
  • Geneanet — arbre généalogique DEVELLE.

Arbre

Arbre généalogique de Jules Jean Noël PERRUCHOT]]


Liens généalogiques

Fiche Heredis

Fiche Geneanet


Voir aussi


Remarques

Date de naissance

Les anciens dossiers généalogiques comportent plusieurs indications contradictoires concernant la naissance de Jules.

La date retenue sur cette page est le 21 août 1818 à Chaumard, date indiquée par l'acte de naissance et reprise dans les documents du mariage.

Une ancienne tradition familiale attribuée à Gustave PERRUCHOT, ainsi qu'un ancien relevé, mentionnent toutefois le 21 mars 1818.

D'autres exports généalogiques ont également fait apparaître la date du 22 août 1818.

En l'état des documents, le 21 août 1818 doit donc être considéré comme la date de référence.

Ordre des prénoms

Selon les documents et les bases généalogiques, l'ordre des prénoms peut apparaître sous les formes :

Jules Jean Noël PERRUCHOT

ou

Jean Noël Jules PERRUCHOT.

La présente page conserve l'usage familial Jules Jean Noël PERRUCHOT.

Rechigy

L'enquête menée sur les mutations de 1875 et 1881 a permis de confirmer que les deux opérations ont réellement eu lieu.

La raison de l'adjudication judiciaire de 1881 reste en revanche à établir.

La traditionnelle « affaire du notaire véreux » demeure donc une tradition orale familiale qui ne doit pas, à ce stade, être présentée comme un fait démontré.


Des remarques ?

N'hésitez pas à adresser par mail à cette adresse vos remarques, demandes de correction ou compléments d'information.